Jn4, 14-21
Le texte de l’évangile de ce jour, vient en conclusion du
dialogue de Jésus avec Nicodème sur la question de renaitre ou naitre de
nouveau. Dans cette conclusion, saint Jean nous invite à lever les yeux, à
regarder… Lever les yeux sur le Christ élevé de terre. On dirait, Jésus veut
dire à Nicodème que naitre de nouveau signifie lever les yeux sur le Christ. Or,
nous savons, le lieu de l’élévation du Christ c’est la Croix. Et donc en ce
quatrième dimanche de carême, L’évangéliste Saint Jean nous invite à regarder
le crucifié, à regarder la Croix et celui qui est attaché pour y découvrir
l’amour suprême de Dieu, le Père. « De même que le serpent de bonze fut élevé
dans le désert, ainsi faut-il que le fils de l’homme soit élevé pour que tous
ceux et celles qui croient obtiennent par lui la vie éternelle. »
Le cardinal Hans Balthasar a écrit dans l’un de ses
ouvrages que nous ne serons véritablement chrétiens que le jour où nous serons capable
de déchiffrer sur le visage du crucifié, la beauté et l’amour de Dieu. La vie chrétienne
c’est être capable de regarder le crucifié et découvrir l’amour de Dieu. Aujourd’hui,
l’Eglise veut nous faire comprendre que l'image la plus parfaite de Dieu et de son amour
se trouve sur la croix; un Amour agenouillé qui
attend éternellement le consentement de notre réponse libre et aimante. En ce quatrième dimanche de carême Saint Jean nous invite ce soir à lever
notre regard et à oser regarder celui qui a souffert pour notre salut pour que
nous y découvrions l’amour de Dieu le Père pour le monde et donc l’amour de
Dieu pour chacun d’entre nous.
« Dieu a tant aimé le monde… » En analysant de
plus près ce verset, on découvre qu’il y a là un regard positif de Dieu sur les
réalités du monde. Dieu a tant aimé le monde. Actuellement, beaucoup sont
tentés de regarder le monde de façon pessimiste. Beaucoup disent :
« le monde est pourri ; il n’y a rien à faire ! » Et la
justification de ce genre de discours ne manque pas lorsque nous lisons les
journaux ou regardons les actualités à la télé. A longueur de colonnes dans nos
journaux s’étalent les violences, les bassesses de toutes sortes, les
dépravations morales, les égoïsmes de tous genres…On a raison de dire le monde
est vraiment pourri à cause de tout ce qui se passe dans le monde, et Dieu le
voit.
Mais cependant, malgré tout cela – ou plus exactement – à
travers tout cela, Dieu aime le monde et nous invite à l’aimer. Dieu aime ce
monde ! Cela ne signifie pas qu’il se résigne au mal qui existe dans ce
monde, mais Dieu aime le monde et nous invite à l’aimer parce qu’il veut le
sauver.
D’une certaine manière, quand nous voyons ce qui se passe
dans le monde en comparaison avec la parole de l’évangile, nous pouvons nous
demander : comment Dieu a-t’ il aimé ce monde avec tout ce qui se
passe ? Mais Ce monde pourri, ce monde bourré de tous les maux, Dieu
l’aime. Dieu est passionné par sa création ; cette création inachevée
qu’il est en train de conduire jusqu’à sa perfection, et il nous invite à
collaborer avec lui.
La conversion qui nous est demandée dans ce quatrième de
carême, c’est finalement d’adopter le regard de Dieu sur le monde, d’adopter
son regard d’amour au lieu de continuer de gémir… Adopter son regard d’amour
pour se laisser envoyer par Dieu, et donner notre vie à notre tour, pour nos
frères et sœurs qui souffrent. « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné
son Fils unique. » Le Père a donné son Fils pour que tous ceux celles qui
croient en lui, ne périssent pas mais obtiennent de lui la vie éternelle.
Ce verset est fondamental pour notre vie chrétienne. Il nous
affirme deux choses. Premièrement : « Dieu veut sauver le monde, car
il l’aime. Dieu ne condamne personne. » Cette simple affirmation nous
demande certainement une réelle conversion. Il nous faut donc oser croire en un
amour qui ne juge pas, un amour qui ne condamne pas, un amour qui appelle et
espère toujours à un lendemain meilleur.
Deuxièmement, notre jugement ne vient pas de
l’extérieur ; c’est la personne qui se juge et se condamne elle-même quand
elle refuse de croire. La condamnation n’est pas un acte extérieur à nous,
c’est un acte intérieur. C’est l’acte de celui qui refuse l’amour de Dieu
manifesté par le don du Fils unique sur la Croix. La condamnation c’est le
refus de voir l’amour de Dieu sur la croix. Ce soir, prions pour que Dieu nous
donne le courage de contempler le crucifié et découvrir l’amour de Dieu. Mais
aussi le courage de partager cet amour.
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